France–Chine

Chine plus un, sans quitter la Chine

On explique généralement cette stratégie comme une relocalisation. Pour la plupart des entreprises européennes, il faut la lire comme une assurance — et sa version la moins chère ne déplace pas une seule commande.

France → Chine

L'expression suggère de sortir la production de Chine. C'est une version, elle est coûteuse, et c'est généralement la mauvaise pour une entreprise qui achète des volumes modérés. La version utile est plus étroite : réduire le coût d'une rupture qu'on ne peut pas prévoir, sans renoncer à la capacité qu'on a déjà.

Contre quoi vous vous assurez réellement

Nommez le risque avant de choisir le remède, car les remèdes diffèrent. Une mesure commerciale sur une catégorie de produits est un problème douanier. La défaillance d'un fournisseur est un problème fournisseur. Une fermeture de port ou une flambée du fret est un problème logistique. Un client qui refuse l'origine chinoise est un problème commercial. Seuls les deux derniers se règlent en produisant ailleurs ; les deux premiers se règlent moins cher.

L'échelle, du moins cher au plus cher

  1. Un second fournisseur en Chine. Qualifié, échantillonné, détenteur de vos plans, prenant une petite part du volume pour que la relation soit réelle. Cela règle entièrement la défaillance fournisseur et coûte très peu.
  2. Un second fournisseur dans une autre province. Même pays, autre administration locale, autre port, autre marché du travail. Couvre une perturbation régionale sans aucun apprentissage commercial nouveau.
  3. Un second pays sur une ligne de produits. Vietnam, Thaïlande, Inde ou Turquie, sur le produit où se trouve réellement le risque commercial — pas sur toute la gamme. Coût réel, temps de gestion réel.
  4. La relocalisation. Rarement la bonne réponse pour une entreprise qui achète sa fabrication plutôt qu'elle ne la possède.

L'arithmétique honnête du déplacement

Déplacer un produit vers un autre pays vous coûte la relation fournisseur construite en plusieurs années, un nouvel outillage ou un transfert d'outillage, un cycle de qualification et d'échantillonnage complet, et une chaîne de composants qui, dans bien des catégories, remonte de toute façon vers la Chine. Ce dernier point se découvre tard : assembler au Vietnam à partir de composants chinois est un changement logistique, pas un changement d'origine, et cela n'aide pas nécessairement face à une mesure commerciale.

Si votre motif de déplacement est une mesure commerciale, faites trancher la question de l'origine avant de vous engager. L'origine suit la transformation substantielle, pas l'adresse sur le carton, et les administrations enquêtent précisément là-dessus.