Sourcing en Chine

Assurer la marchandise en transit : ce que l'Incoterm donne, et ce qu'il ne donne pas

La plupart des importateurs découvrent ce que vaut leur couverture le jour où un conteneur arrive mouillé. Deux questions sont confondues : qui est obligé d'assurer, et ce que la police paie réellement.

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Une avarie de transport est assez rare pour être oubliée au moment de la commande, et assez chère pour décider d'une année quand elle arrive. Le sujet se règle d'habitude en une ligne du devis — trois lettres — et chacun suppose que cette ligne veut dire que la marchandise est couverte. Elle ne veut pas dire cela. Un Incoterm répartit des obligations entre vendeur et acheteur ; une police décide de ce qui est payé, et à qui. Ce sont deux documents différents, et ils peuvent se contredire.

CIF est une obligation, pas une couverture

En CIF, le vendeur doit souscrire une assurance au bénéfice de l'acheteur. C'est tout. Les règles n'exigent qu'un niveau de couverture minimal — l'extrémité étroite des jeux de clauses standard du marché, proche d'une liste d'événements nommés — sauf stipulation contraire du contrat. CIP, son équivalent pour les autres modes de transport, a été aligné dans l'édition 2020 sur un niveau de couverture plus large. Deux termes qui mettent tous deux l'assurance à la charge du vendeur n'achètent donc pas la même chose, et un acheteur qui ne lit que les lettres ne le verra pas.

Le reste en découle. Le certificat est émis par un assureur choisi par le vendeur, dans une devise qu'il a choisie, et un sinistre se règle là où cet assureur se trouve. Rien de malhonnête là-dedans : simplement, celui qui achète la couverture n'est pas celui qui s'en servira. En FOB, vous assurez vous-même, ce qui demande plus de travail et vous laisse en main le document dont vous aurez besoin.

TermeQui doit assurerCe que l'acheteur doit vérifier
FOB, FCAPersonne, au titre du terme — le risque est à vous dès la remiseQue votre propre police prenne effet au point de transfert du risque, et non au port de départ
CIF, CIPLe vendeur, à votre bénéficeQuel jeu de clauses est nommé, la valeur assurée, la franchise, et où se règle un sinistre
DDPLe vendeur, pour son propre compte — la marchandise est la sienne jusqu'à la livraisonCe qui se passe si la marchandise arrive avariée : vous avez un recours commercial sur le vendeur, pas un sinistre à déclarer

La responsabilité du transporteur n'est pas une assurance

Un transporteur répond de la marchandise qu'il transporte, mais les conventions internationales qui régissent la mer, la route et l'aérien plafonnent cette responsabilité au poids, et non à la valeur. Pour un produit dense et bon marché, le plafond est généreux ; pour un produit léger et cher, il est dérisoire, et l'écart entre le plafond et votre facture est purement perdu. S'ajoute qu'une action contre un transporteur suppose de prouver que l'avarie s'est produite sous sa garde, dans un délai court, face à une partie dont le métier est de la contester.

Il existe aussi une règle maritime qui surprend la première fois : quand un navire subit un événement et que le capitaine engage des dépenses pour sauver l'expédition, le coût se répartit entre tous ceux dont la cargaison a été sauvée. Si vous êtes assuré, votre assureur s'en occupe. Sinon, votre conteneur peut être retenu jusqu'à ce que vous fournissiez vous-même une garantie — pour un événement où votre marchandise n'a rien eu.

Ce qu'une police couvre, et les exclusions qui reviennent

Une police sur facultés existe sous deux formes générales : une forme tous risques, qui couvre les pertes et dommages matériels sauf ce qu'elle exclut, et une forme plus étroite qui ne couvre que des événements énumérés. La première vaut son prix pour la plupart des produits finis. Dans les deux cas, c'est sur les exclusions que se joue la discussion, et elles sont remarquablement constantes d'un assureur à l'autre.

  • Emballage insuffisant ou inadapté. L'exclusion la plus utilisée. Si le carton s'est écrasé parce qu'il n'a jamais été conçu pour une pile de cette hauteur, la perte est une décision d'emballage, pas un accident de transport.
  • Vice propre. Le dommage que la marchandise s'est infligé à elle-même : un produit qui corrode, fermente, sèche ou se délamine dans des conditions ordinaires allait le faire de toute façon.
  • Le retard, et tout ce qui en découle. Une police sur facultés paie l'atteinte à la marchandise. Elle ne paie pas la saison manquée, la pénalité client ni l'aérien acheté pour rattraper.
  • Usure, coulage et freinte normaux. Le coût normal de déplacer quelque chose, pas un événement.
  • Actes intentionnels, et marchandises déclarées pour autre chose que ce qu'elles sont. Une police souscrite sur une description qui ne correspond pas au conteneur est une police trouée.

Deux chiffres du certificat méritent un regard avant tout incident : la valeur assurée, qui devrait refléter la facture, le fret et le coût douanier de remplacer la marchandise plutôt que le seul prix usine, et la franchise, qui décide si un petit sinistre vaut la peine d'être déclaré.

La chaîne de preuve commence à la réception, pas à la réclamation

  1. Photographier les portes du conteneur et le plomb avant toute ouverture, numéro de plomb lisible. Un plomb qui ne correspond pas au document de transport est en soi une constatation.
  2. Porter des réserves précises sur le document de livraison au moment de la réception — ce qui est mouillé, quels cartons, quelles positions dans le chargement. « Sous réserve de déballage » écrit seul ne vaut rien dans la plupart des droits.
  3. Aviser le transporteur et l'assureur par écrit immédiatement, même avant de connaître l'étendue. Les délais sont courts et ils courent depuis la livraison, pas depuis le jour où vous finissez de compter.
  4. Laisser la marchandise et son emballage exactement en l'état, à l'endroit où ils ont été trouvés, jusqu'au passage d'un expert. Réparer, reconditionner ou détruire avant l'expertise ruine le dossier plus sûrement que l'avarie elle-même.
  5. Réunir le dossier en un seul endroit : facture, liste de colisage, document de transport, photographies, réserves, rapport d'expertise, et le calcul de ce que vous réclamez.

Les sinistres sont refusés pour des raisons de procédure bien plus souvent que sur le fond. Une signature sans réserve, des cartons déballés et jetés, un avis envoyé des semaines plus tard, une réclamation d'un montant que personne ne peut reconstituer : chacun suffit. L'assurance a été achetée bien avant ; ce qui décide du paiement, c'est l'heure qui suit l'arrivée du camion.

Demandez le certificat lui-même, pas la ligne du devis. Trois éléments y changent la réponse : le jeu de clauses nommé, le bénéficiaire, et le pays où se règle un sinistre. Une couverture qu'on ne peut faire jouer que devant un tribunal où l'on n'ira jamais n'est pas une couverture.

Questions qui reviennent.

CIF veut-il dire que ma marchandise est assurée ?

Cela veut dire que le vendeur a l'obligation de souscrire une assurance à votre bénéfice, à un niveau de couverture minimal sauf si le contrat en dit plus. Ce n'est pas la même chose qu'être couvert pour ce que vous voudriez voir couvert. Demandez le certificat, lisez le jeu de clauses qu'il nomme, et si le niveau est trop étroit pour votre produit, relevez-le au contrat ou achetez la couverture vous-même en FOB.

Puis-je me retourner contre la compagnie maritime plutôt que d'assurer ?

Vous pouvez essayer, et vous récupérerez parfois quelque chose. Mais la responsabilité du transporteur est plafonnée au poids et non à la valeur de votre marchandise, il faut prouver que l'avarie s'est produite sous sa garde, et les délais sont courts. Pour un produit léger et cher, l'écart entre le plafond et la facture, c'est toute la perte.

L'avarie n'est apparue qu'au déballage. Est-il trop tard ?

Pas nécessairement, mais votre position est plus faible et le délai a déjà commencé à courir. Avisez par écrit le jour où vous le constatez, gardez tout dans l'état où vous l'avez trouvé, photographiez l'emballage autant que le produit, et dites clairement quand la livraison a eu lieu. L'habitude qui sauve ces dossiers, c'est d'écrire de vraies réserves à la réception, avant de savoir si elles serviront.