La traduction est traitée comme une ligne de budget de lancement, et elle recouvre en réalité des travaux sans rapport. Une partie relève de la conformité : certaines informations doivent exister dans une langue donnée parce qu'un État membre l'exige, et une expédition ou une fiche peut être arrêtée pour cela. Le reste est commercial : une fiche produit qui sonne légèrement faux dit à un acheteur européen que le vendeur est loin et que l'après-vente sera une épreuve. Les mélanger conduit au résultat habituel — une page marketing superbement localisée au-dessus d'une notice sur laquelle personne, dans ce pays, ne peut légalement s'appuyer.
Ce qui doit être en langue locale parce qu'un texte l'exige
Le principe est stable même si le détail ne l'est pas. Les informations de sécurité, la notice d'utilisation, l'étiquetage et l'information précontractuelle due au consommateur doivent être dans la ou les langues exigées par l'État membre où le produit est mis à disposition. L'exigence vient à la fois de la législation sur les produits et de celle sur la consommation, et chaque État membre fixe sa propre règle de langue : certains acceptent une langue largement comprise pour une partie de la documentation technique, d'autres exigent leur langue pour tout ce que lit un utilisateur, et quelques-uns ont plus d'une langue officielle à satisfaire. C'est un point à vérifier pays par pays plutôt qu'à supposer — et un anglais commode ne suffit pas partout, quoi qu'en dise votre distributeur.
- Avertissements et consignes de sécurité. Tout ce qui dit à l'utilisateur ce qu'il ne doit pas faire, ce qu'il doit porter, comment s'en débarrasser et ce qui arrive en cas de mauvais usage. C'est la catégorie où une langue manquante arrête une expédition plutôt qu'elle n'agace un client.
- La notice. Installation, utilisation, entretien, dépannage. Une notice dans la mauvaise langue est aussi la première cause des retours qui n'étaient pas des défauts produit, ce qui fait de ce poste celui où conformité et marge vont dans le même sens.
- L'étiquette et l'identification du responsable. Ce qu'est le produit, qui l'a mis sur le marché et où le joindre, dans la langue du pays de vente, sur le produit ou son emballage plutôt que seulement dans un document glissé dans la boîte.
- L'information précontractuelle et le formulaire de rétractation. Caractéristiques, prix total, livraison, droit de rétractation et formulaire type, garantie légale de conformité, réclamations. Dus avant la commande, dans une langue lisible par le consommateur auquel on s'adresse.
- Les mentions propres à un secteur. Alimentaire, cosmétique, produits chimiques, jouets, matériel électrique et dispositifs médicaux portent chacun des mentions obligatoires dont la formulation est prescrite, et où une traduction créative est un défaut, pas un choix de style.
Ce qu'une traduction automatique dit de vous à un acheteur européen
Un visiteur européen lit une fiche produit traduite machinalement comme vous liriez un contrat portant le mauvais nom de société. Rien n'est incompréhensible ; tout est légèrement à côté — le genre d'un nom, un terme technique rendu par son cousin de dictionnaire, une phrase construite dans l'ordre d'une autre langue. La conclusion n'est pas « mauvaise traduction », c'est « ce vendeur est ailleurs », et de là : le retour partira à l'étranger, la garantie sera une discussion, personne ne répondra dans ma langue. La vente est perdue avant que le produit ait été évalué. S'y ajoute un coût de visibilité : un terme traduit par le mauvais synonyme est un terme que personne ne tape, de sorte que la page n'est pas seulement peu convaincante, elle n'est pas trouvée.
Ce qu'il faut faire traduire par un humain, et dans quel ordre
- Tout ce qui a une fonction juridique ou de sécurité : avertissements, notice, étiquette, mentions obligatoires, information précontractuelle, formulaire de rétractation, conditions de garantie. Traduit par un humain, relu, et figé sous contrôle de version, car c'est le texte qu'on vous opposera.
- Les pages qui portent le contrat : étapes de commande, livraison et retours, conditions de vente, pages légales. Le client qui hésite lit celles-là, et une erreur de traduction y passe pour un piège plutôt que pour une maladresse.
- Noms de catégories, titres de produits et libellés de caractéristiques — les mots que les gens tapent réellement. C'est court, peu coûteux à bien faire, et cela décide si la page existe ou non dans la recherche.
- Les descriptions de vos meilleures ventes, écrites plutôt que traduites : un rédacteur de langue maternelle, avec votre glossaire et le produit en main, produit une page qui convertit, là où une phrase traduite ne fait qu'informer.
- Les modèles d'après-vente : l'accusé de réception, les instructions de retour, le refus de garantie, les excuses pour un retard. Ils sont lus au pire moment, réutilisés sans fin, et constituent la réputation la moins chère que vous achèterez jamais.
- Tout le reste : la longue traîne du catalogue, les contenus éditoriaux, les pages secondaires. Rédigé par la machine avec votre glossaire imposé, puis relu par un humain qui peut aller vite — et corrigé en priorité là où les statistiques montrent que les gens arrivent vraiment.
Comment constituer un glossaire des termes du produit qui survit au traducteur suivant
Un glossaire est le seul actif de traduction qui se capitalise, et il se construit à partir du marché plutôt que du dictionnaire. Pour chaque terme, consignez le mot source, l'équivalent retenu dans la langue cible, les variantes interdites et pourquoi, une définition courte en mots simples, et l'endroit où le terme apparaît — étiquette, notice, titre de produit, tableau de caractéristiques. Récoltez les équivalents dans la façon dont les acheteurs et les concurrents locaux nomment la chose, dans la formulation des normes applicables, et dans ce que les clients écrivent au service après-vente. Figez vos noms de modèles, références et mots de marque comme des entrées à ne jamais traduire, et remettez le fichier entier à chaque traducteur humain et à chaque passage machine, afin que le traducteur suivant ne puisse pas rebaptiser discrètement votre produit.
Unités, dates, adresses et les exemples qui ne voyagent pas
- Unités et séparateur décimal. Le système métrique partout, dans l'unité que le métier local emploie réellement pour cette famille de produits, avec le séparateur utilisé dans le pays — le détail qui, plus que tout autre, rend un tableau de caractéristiques étranger alors que chaque mot est juste.
- L'ordre de la date. L'ordre du jour, du mois et de l'année diffère selon les marchés où vous vendez, et une date de livraison ou de garantie ambiguë est un ticket de support en attente. Écrire le mois en lettres supprime l'ambiguïté.
- La forme du bloc adresse. Où se place le code postal, s'il précède la ville, comment s'écrit un numéro de rue, si une région est attendue. Un formulaire de commande qui impose une forme d'adresse étrangère perd des commandes en silence, car personne n'écrit pour se plaindre d'un formulaire.
- L'ordre du nom et les formules d'adresse. Quelle partie du nom est le nom de famille, comment on s'adresse par écrit à un inconnu, et si vos modèles emploient le registre formel. Se tromper de registre dans un message après-vente défait une bonne traduction.
- Tailles, tensions, prises et formats de papier. Exprimés dans la convention locale, avec l'équivalent local donné plutôt qu'une conversion à faire par le client. Une conversion que l'acheteur doit effectuer est une raison de fermer l'onglet.
- Exemples culturels et calendrier. Cas d'usage, photographies, saisons et fêtes évoquées dans les textes marketing appartiennent à un lieu. Une campagne construite autour d'une fête que le pays ne célèbre pas se lit comme la traduction de la publicité de quelqu'un d'autre.
Prévoyez au budget un relecteur qui vit dans le pays, séparément de la traduction elle-même, et donnez-lui les pages finies plutôt qu'un tableau de chaînes. Seul quelqu'un qui habite là-bas repère le terme techniquement correct et commercialement mort, le registre qui sonne sec, le champ d'adresse où sa propre adresse n'entre pas, et l'exemple qui appartient à un autre pays. Faites-lui relire d'abord le tunnel de commande et les meilleures ventes, réinjectez chaque correction dans le glossaire, et gardez le même relecteur d'une version à l'autre — un avis différent chaque fois produit un catalogue qui se contredit.