France–Chine

Quatre malentendus qui se répètent dans toute négociation France–Chine

Les deux parties se comportent raisonnablement selon leurs propres règles. Les dégâts viennent de ce que chacune lit le comportement de l'autre à travers les siennes.

France → Chine

Après un certain nombre d'affaires dans les deux sens, les échecs cessent de paraître individuels. Les quatre mêmes lectures erronées reviennent, dans le même ordre, avec des entreprises et des produits différents. Aucune ne relève de la mauvaise foi ; toutes portent sur un signal qui veut dire une chose d'un côté et autre chose de l'autre.

1. Le « oui » d'accusé de réception et le « oui » d'engagement

Un interlocuteur chinois qui dit oui signifie fréquemment « je vous ai entendu et je ne vous contredis pas ici ». Un interlocuteur français entend un engagement et planifie en conséquence. Le remède n'est pas la méfiance ; c'est de poser la question sous une forme à laquelle on ne peut pas répondre oui — « quand exactement », « qui le fera », « qu'est-ce qui pourrait l'empêcher » — puis d'écrire la réponse.

2. Le contrat comme fin, le contrat comme début

Dans la lecture française, la signature clôt la négociation et ce qui suit est de l'exécution. Dans la lecture chinoise, la signature ouvre fréquemment une relation de travail où les termes sont censés s'adapter aux circonstances. Les deux sont cohérentes. La conséquence pratique est qu'une partie française est choquée par une demande de renégociation et une partie chinoise par le refus d'en discuter.

3. Le désaccord frontal

La culture professionnelle française traite le désaccord ouvert comme de l'engagement et une marque de respect pour le sujet. Dans beaucoup de contextes chinois, contredire quelqu'un devant d'autres a un coût sans rapport avec l'argument. La même phrase est lue comme de la rigueur d'un côté et comme une attaque de l'autre. Les désaccords qui comptent se soulèvent mieux dans une pièce plus petite.

4. La vitesse comme respect, la délibération comme respect

Une réponse chinoise rapide vise souvent l'engagement et l'attention ; elle peut être lue en France comme un examen insuffisant. Une réponse française lente est souvent une validation interne soigneuse ; elle est lue en Chine comme de l'indifférence ou un refus poli. Dire à voix haute ce que signifie votre propre calendrier — « j'aurai la réponse interne jeudi » — coûte une phrase et supprime tout le malentendu.

Rien de tout cela ne se règle en apprenant des règles. Cela se règle en ayant dans la conversation quelqu'un capable d'entendre les deux lectures d'une même phrase et de dire laquelle était voulue.

Questions qui reviennent.

Un « oui » d'un fournisseur chinois signifie-t-il un accord ?

Souvent, cela signifie que la question a été reçue et n'est pas contredite dans ce cadre. Ce n'est pas un signe de mauvaise foi. Reformuler la question pour qu'on ne puisse pas y répondre par oui — demander une date, un nom et un obstacle — et confirmer la réponse par écrit résout presque tout.